AT THE SOUNDAWN

(ITALIE)

SHIFTING

(2010)
LABEL:

LIFEFORCE

GENRE:

POST ROCK

TAGS:
Expérimental, Jazzy, Planant
""
NIURK (29.03.2010)  
4/5
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Qu’il est doux d’être jeune mélomane de nos jours ! N’allez pas croire qu’il y a derrière cette affirmation une quelconque irrévérence pour nos glorieux aînés, bien au contraire : c’est en grande partie grâce à eux qu’il est agréable de se sentir à l’entame d’un périple musical quasi infini, dont ils ont posé les bases. Et c’est là toute la magie de la jeunesse : cette capacité à pouvoir aller piocher dans chaque aventure passée, tout en suivant celles du présent. Et puisque nous en sommes à ce point de nos réflexions, il est plus que temps de nous tourner vers nos jeunes du jour regroupés dans At The Soundawn.

Après une longue période de mise en marche, il semble que le quintette italien ait à cœur de refaire son retard en nous proposant ce Shifting à peine deux ans après la sortie de son premier opus, le déjà très convaincant Red Square. A première vue toutefois, le groupe n’est qu’une formation parmi tant d’autre dans la vague post-rock qui nous assaille et nous submerge depuis déjà plusieurs années. Mais à y regarder de plus près, ces jeunes-ci ne font pas du Post-Rock comme tout le monde et font même preuve d’un acharnement plus qu’intéressant pour brouiller les pistes et éveiller nos sens mélomaniaques.

Pour répondre tout de suite à deux questions qui pourraient vous avoir effleurés : non, ces Italiens ne font pas du Post-Rock mélodramatique et n’usent des trémolos guitaristiques saturés qu’avec une grande parcimonie et oui, tenter de catégoriser cette œuvre dans un genre délimité démontre toute la complexité pour ne pas dire la stupidité de l’exercice. En guise de repères donc, on citera comme figures tutélaires de cette jeune formation Isis, Neurosis ou Tool, et on placera également dans le paysage quelques autres jeunes loups tels que Dioramic, Burst ou Callisto. Mais venons en au fait et à la musique !

L’album attaque très fort avec un concentré bouillonnant et planant de l’étendue remarquable des capacités de notre quintette transalpin : en quatre notes « Mudra In Acceptance And Regret » nous fait décoller vers une contrée tumultueuse où se déchaînent chant hardcore et rythmique brute, puis nous emmène survoler des paysages jazzy et organique où la trompette dialogue avec un chant parfaitement maîtrisé et où la basse distille ses vibrations rondes et profondes. Le périple s’achève sur une redescente vers le sol au parfait point de jonction entre les paysages tout juste observés. Et puisqu’il est question de sol, « 7th Moon » se charge de nous transmettre son énergie minérale, mettant à l’honneur des rythmiques très latines et diffusant son souffle primal saisissant.

Après ces premiers assauts et coups de maître, on aurait eu tout lieu de craindre une baisse de régime comme les expérimentent si souvent les jeunes formations encore trop enthousiastes et exaltées. « Caofedian » vient nous démontrer que la sagesse n’attend pas le nombre des années en nous faisant entrer dans un cocon aquatique aux développements particulièrement fins, avant de nous submerger sous une déferlante de vagues immaîtrisables. Nouvelle perle avec « Drifting Lights » et influence de la World Music pour une parenthèse instrumentale toujours irréprochable.

Bousculé et terriblement séduit, on est alors tenté de lâcher prise pour s’abandonner complètement à la face B qui ne semble pas décidée à nous décevoir : « Black Waves » fait figure de synthèse parfaite entre tous les éléments précédemment cités, mais n’oublie pas pour autant de proposer une composition toujours originale, et « Hades » rappelle la magie jazz pour parachever l’œuvre de séduction. L’objectivité critique est dès lors aux oubliettes et l’on conclut notre périple par une ultime pièce maîtresse empreinte de groove, de swing, d’émotion et d’énergie brute comme il se doit.

At The Soundawn a tout compris. Il a senti qu’il ne fallait en aucun cas chercher à se détacher de ses glorieux aînés pour afficher sa propre originalité, il a soigneusement sélectionné les éléments de son succès en refusant toute frontière créatrice, et surtout, il a fait montre d’un caractère et d’une personnalité qui fait de plus en plus cruellement défaut chez de jeunes mélomanes qui préfèrent trop souvent la facilité à l’acharnement. Ce n’est définitivement pas une formation de plus que nous tenons ici, mais une révélation de l’année à très vite se procurer !
- Site officiel
GROUPES PROCHES:
TOOL, ISIS, DIORAMIC

LISTE DES PISTES:
01. Mudra: In Acceptance And Regret - 07:51
02. 7th Moon - 04:22
03. Caofedian - 07:08
04. Drifting Lights - 04:01
05. Black Waves - 07:56
06. Hades - 05:08
07. Prometheus Bring Us The Fire - 09:17

FORMATION:
Alessio: Basse
Andrea: Guitares
Enrico: Batterie
Matteo: Guitares
Mirco: Chant
   
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