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TONY BANKS

(DEFAULT)

BANKSTATEMENT

(1989)
LABEL:

VIRGIN

GENRE:

POP

TAGS:
FM
""
REALMEAN (22.11.2010)  
4/5
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Après la publication de Soundtracks,Tony Banks reprend sa liberté et décoche un album en mesure de faire taire les plus sceptiques quant à son talent de compositeur, en sus de son génial jeu de clavier qui n’était plus à démontrer. L’identifiant du projet est hautement évocateur : en deux mots, 'Bank Statement', c’est d’abord le relevé de compte bancaire. D’un point de vue métaphorique, il pourrait s’agir d’un état des lieux ; mais s’il est possible également de rattacher le 's' au premier des deux termes, tel que potentiellement suggéré par l’absence d’espacement dans ce titre monobloc, Bankstatement, on peut y voir 'l’affirmation de Tony Banks', ou 'la déclaration de Tony Banks'. Comment pourrait-il justement déclarer de manière plus claire que cette musique est la sienne ?

Le pop/rock quelque peu hésitant de Fugitive, en mal d’identité, est définitivement oublié. Bankstatement assume pleinement le virage post-Genesis, et l’enjeu était bien là, pour permettre à la double-griffe de l’artiste de s’exprimer pleinement, dans son versant "FM de luxe". Première innovation de l’album, Tony choisit de scinder les attributions vocales. C’est une première, s’agissant de ses créations studio (il est vrai que Soundtracks fait intervenir différents interprètes, mais il n’a pas le même statut). Alistair Gordon se voit confier l'essentiel du travail, mais Jayney Klimek assure le lead sur trois morceaux dont deux intègrent sans conteste le fer de lance de la galette : Queen Of Darkness et That Night ; ce dernier, plus précisément, est un slow superbe (le deuxième de l’album) sur lequel, en duo, Jayney Klimek donne la réplique à Alistair Gordon, de manière magistrale. Le compositeur se ménage, quant à lui, une petite touche "Hitchcokienne" en assurant la prestation chantée sur Big Man. Bien entendu, ce n’est pas cette diversité en soi qui est gage de qualité, mais ici c’est la mise en adéquation avec le projet qui parlera d’elle-même : le trio vocal fonctionne à la perfection, chacun des interprètes remplissant l’exacte mission assignée, tout en restant dans le ton général de l’album. La cohérence est indiscutable.

Second point fort de Bankstatement, la qualité de la production, tous critères confondus : pertinence des mélodies, arrangements, instrumentation. Cette fois, les claviers du maître se teintent de couleurs variées, et ont la bonne idée de ne pas écraser tout le reste (l’exclusivité sonore était davantage de rigueur, sur Fugitive). Une prouesse que l’on doit sans doute à l’excellence du mixage. Ainsi, pour survoler l’album, les synthés et les cuivres de Throwback collaborent au bénéfice d’une belle tonalité jazz-rock – que ne renierait pas Phil Collins ; avec I’ll Be Waiting, le premier slow, la profondeur du son enveloppe l’auditeur d’une volute de brumes parfumées. La basse de Queen Of Darkness, emmenée par les élans vocaux irrésistibles de Jayney Klimek, semble prendre le dessus, malgré l’omniprésence de claviers toujours très expressifs. Quant à lui, le saxophone de Diamonds Aren’t So Hard s’empare du chant brièvement mais assidûment ; cette tendance à l’usage des cuivres est une réelle surprise, Tony ne nous ayant guère habitué à cela par le passé. Et comme il faut rendre à César ce qui appartient à César, n’oublions pas de mentionner la clôture de la galette, l’instrumental Thursday The Twelfth, dans l’exacte lignée de The Brazilian… qui était chargé lui aussi de la conclusion, sur Invisible Touch. Impossible de passer à côté de cette emphase musicale si l’on adhère à la vision du grand Tony !

D’élans musicaux entraînants et chargés de vivacité, en passant par des traits plus intenses, aux accents impériaux, tels des réminiscences de "masterpieces" hégémoniques et ténébreux, jusqu’aux tendances poétiques, romantiques et mélancoliques qu’on lui connaît, l’artiste effectue une brillante démonstration de son savoir-faire, en un seul projet de quelques 53 minutes.
Bankstatement délivre donc une musique pop haut de gamme -certes commerciale mais sans concession- qui ne prétend nullement conquérir les oreilles exclusives du Genesis des seventies, mais qui enchantera certainement les auditeurs ayant suivi et savouré ses évolutions néo-progressives puis rock FM (citons les albums Duke, Genesis, Invisible Touch, Calling All Stations) ; en particulier ceux ayant pu faire le vœu, toujours dans cette même mouvance, de voir émerger de nouveaux aboutissements créatifs en termes de partitions vocales et d’équilibrage de l’instrumentation. Si vous en rêviez… Tony Banks l’a fait.
GROUPES PROCHES:
-

LISTE DES PISTES:
01. Throwback - 04:39
02. I'll Be Waiting - 05:56
03. Queen Of Darkness - 04:26
04. That Night - 04:41
05. Raincloud - 04:40
06. The Border - 05:52
07. Big Man - 04:16
08. A House Needs A Roof - 04:07
09. The More I Hide It - 04:30
10. Diamonds Aren't So Hard - 05:12
11. Thursday The Twelfth - 04:48

FORMATION:
Alistair Gordon: Chant
Derek Watkins: Trompette
Dick Nolan: Basse
Gary Barnacle: Saxophone
Geoff Dugmore: Batterie
Jayney Klimek: Chant
John Thirkell: Trompette
John Wilson: Claviers / Choeurs
Martin Ditcham: Conga, Tambourin
Martin Robertson: Saxophone
Pete Thoms: Trombone
Pino Palladino: Basse
Steve Hillage: Guitares
Tony Banks: Chant / Claviers / Synthétiseur basse, Guitare synthétique
   
(1) AVIS DES LECTEURS    
ABADDON
22/11/2010
  0 0  
2/5
Après un Fugitive très décevant, Tony Banks persiste dans le registre pop. Ici, avec une production plus pointue et l’apport appréciable de deux chanteurs, il nous livre un album de facture certes correcte, mais à des lieues des envolées instrumentales attendues : oubliez toute référence au Tony Banks de Genesis ! Reste un album de tonalité FM (à part le Thursday the Twelvth, très proche du The Brazilian d’Invisible Touch), écoutable mais fort éloigné des goûts de aficionados, qui ne s’y sont pas trompés : la carrière de Tony Banks en solo ne rencontrera qu’un succès d’estime ou de curiosité.
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3.3/5 (3 avis)
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