GROUPE/AUTEUR:

VAN DER GRAAF GENERATOR

(ROYAUME UNI)

TITRE:
THE AEROSOL GREY MACHINE (1969)
LABEL:
FIE!
GENRE:
ROCK PROGRESSIF

"Une bonne surprise pour tout amateur de rock progressif audacieux."
CORTO1809 - 23.03.2012 - (0) Avis des lecteurs - (0) commentaire(s)
3/5
S'il est un groupe dont la vie n'est pas un long fleuve tranquille, c'est certainement Van der Graaf Generator qui, au long de son histoire vieille aujourd'hui de quarante-deux années (et, souhaitons-le, loin d'être terminée), a connu nombre de splits et autres vicissitudes. A titre d'augure, la genèse du premier album du groupe, "The Aerosol Grey Machine", suivit des chemins tortueux. Lié à Mercury par un contrat mal ficelé, VDGG avait connu sa première séparation avant même d'avoir enregistré un disque. Il fallut toute l'astuce de Tony Stratton Smith, futur patron du label Charisma, pour créditer le premier album solo de Peter Hammill à VDGG afin de libérer le groupe d'une situation emberlificotée, prouvant par la même occasion que si Peter Hammill est un artiste hors du commun, il restera à jamais un homme d'affaires naïf.

Après ce tour de passe-passe, VDGG bénéficie de 48 heures généreusement accordées par Mercury pour enregistrer ses chansons. Six heures de répétitions, douze heures d'enregistrement, six heures de mixage, et le disque est produit ! A une époque où les "groupes" peuvent enregistrer leurs albums sans que les musiciens ne se voient, ou même ne se connaissent, et passent plus de temps à corriger en studio les imperfections des prises de sons qu'à jouer réellement, cela laisse rêveur.

De la cohésion indispensable entre les musiciens pour que le disque existe naît certainement cette impression d'avoir affaire à un véritable groupe, et non à un artiste entouré de musiciens de studio. Car, si l'on excepte 'Running Back' et 'Ferret & Featherbird' (titre bonus de la réédition par Fie! repris sur "In Camera"), qui n'auraient pas déparé sur le premier album solo de Peter Hammill, "Fool's Mate", les autres titres sonnent comme une œuvre collective même s'ils sont pratiquement tous composés par Hammill. La plupart ('Orthenthian St. (Part I & II)', 'Into a Game', 'Aquarian', 'Octopus') préfigurent même ce que l'on va retrouver sur les deux albums suivants, "The Least We Can Do Is Wave To Each Other" et "H To He, Who Am The Only One" : des mélodies sombres, anxiogènes, peuplées de ruptures, de stridences, où chaque instrument apporte sa contribution à l'édifice sans jamais se mettre en avant, sans aucun solo, des claviers qui tissent des ambiances plus qu'ils ne jouent des airs, une batterie qui s'impose en finesse et qui ignore le sens du mot "monolithique", l'absence de guitare électrique, des compositions alambiquées à la vigueur et l'empathie communicatives, et ce chant habité et charismatique, qu'on aime ou qu'on abhorre, mais qui ne laisse jamais indifférent.

'Afterwards' et 'Necromancer' sont moins familiers au style du groupe avec leur format de simples chansons et auraient pu jouer le rôle de "tubes" permettant à VDGG de bénéficier d'une reconnaissance méritée égale à celle de leurs pairs tels King Crimson ou Genesis. Quant au titre éponyme, c'est une courte fantaisie gaguesque improvisée que le groupe ne réitèrera fort heureusement jamais.

Certes, tout n'est pas encore en place : Peter Hammill a encore un timbre juvénile dont la pureté dans les aigus laissera bientôt place à une épaisseur, une présence dans les vociférations cauchemardesques du chanteur, et si Hugh Banton et Guy Evans font déjà montre de leur talent, les timides incursions de la flûte de Jeff Peach ne peuvent prétendre rivaliser avec les explosions torturées ou débridées dont David Jackson aura le secret sur les futurs albums. La production manque de limpidité, les sons paraissant souvent étouffés, et le mixage ne rend pas toujours hommage à la juste valeur des interprètes. Enfin, certaines compositions trainent un peu en longueur et dérivent vers des improvisations plus ou moins maitrisées faisant parfois office de remplissage.

Néanmoins, l'album reste globalement de bonne facture et tout amateur de Van der Graaf Generator se doit de le posséder. Ce disque sera également une bonne surprise pour tout amateur de rock progressif audacieux.

Plus d'information sur http://www.gaudela.net/vdgg/frames.html



GROUPES PROCHES:
MR AVERELL, SYNDONE, AREKNAMÉS, KING CRIMSON, GENESIS, PETER HAMMILL, KOTEBEL, SEVEN IMPALE, GOAD, ORNE

LISTE DES PISTES:
01. Afterwards - 04:58
02. Orthenthian St. (Part I & II) - 06:19
03. Running Back - 06:32
04. Into A Game - 05:56
05. Ferret & Featherbird (bonus) - 04:34
06. Aerosol Grey Machine - 00:56
07. Black Smoke Yen - 01:18
08. Aquarian - 08:27
09. Giant Squid (bonus) - 03:19
10. Octopus - 07:41
11. Necromancer - 03:30


FORMATION:
Gordian Troeller (invité): Choeurs (6)
Guy Evans: Batterie / Percussions, Choeurs (6)
Hugh Banton: Claviers / Choeurs
Inès (invitée): Choeurs (6)
Jeff Peach (invité): Flûte (3, 5)
John Anthony (invité): Choeurs (6)
Keith Ellis: Basse / Choeurs
Nick Pearne (invité): Choeurs (6)
Peter Hammill: Chant / Guitare acoustique
Sheila (invitée): Choeurs (6)


TAGS:
70's, Old School, Oppressant
 
 
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