WISHBONE ASH

(ROYAUME UNI)

THERE'S THE RUB

(1974)
LABEL:

MCA

GENRE:

ROCK

TAGS:
FM, Old School, Technique
""
CORTO1809 (15.06.2012)  
4/5
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Après un "Wishbone Four" honorable mais marquant une légère baisse de régime dans sa carrière, Wishbone Ash part aux Etats-Unis et s'offre les services du producteur Bill Szymczyk (qui s'occupe notamment d'Eagles) afin de bénéficier de l'apport d'un véritable professionnel, chose dont il s'était jusqu'alors passé. Autre changement significatif, pour la première fois le line-up évolue, Ted Turner cédant sa place à Laurie Wisefield, jeune surdoué de la guitare officiant au sein de Home.

"There's The Rub" n'est pas une révolution en soi et on y retrouve tout ce qui fait l'attrait de Wishbone Ash : une énergie communicative, des harmonies vocales millimétrées et une virtuosité des musiciens qui, loin de sombrer dans le démonstratif, se mettent pleinement au service de mélodies bien troussées. Tous ceux qui ont succombé au charme des opus précédents ne pourront que s'enthousiasmer devant ce nouvel album qui en profite pour corriger les légers défauts de son prédécesseur.

Première bonne nouvelle, les duels de guitare font de nouveau partie du programme. Andy Powell et Laurie Wisefield rivalisent de virtuosité dans des joutes fraternelles et homériques. Finie la simplicité un peu trop directe de "Wishbone Four", les deux musiciens nous brodent des motifs en dentelle, superposant ou alternant le son de leurs instruments, le nouveau venu endossant avec une aisance étonnante le costume laissé vacant par Ted Turner. Les harmonies vocales font elles-aussi leur retour en force, nous rappelant les meilleures heures d'"Argus". Certes, le procédé n'est pas original (pour le groupe) mais c'est tellement bon qu'on en redemande. Enfin, comment passer sous silence l'excellent travail rythmique ? Steve Upton sait faire résonner ses fûts à propos, affirmant sa présence sans noyer l'auditeur sous un déluge sonore inopportun. Quant à Martin Turner, sa basse illumine de sa présence chaque titre, allant jusqu'à voler la vedette aux guitares qui sont pourtant à leur affaire.

Côté compositions, une entrée en matière ciselée affichant le programme de ce qui va suivre ('Silver Shoes'), deux hard-rock de structure classique mais efficace ('Don't Come Back', 'Hometown'), deux ballades dont Wishbone Ash a le secret ('Persephone', 'Lady Jay'), et un long instrumental ('F.U.B.B.', Fucked Up Beyond Belief) très largement improvisé et prouvant, si cela était encore utile, les qualités techniques des quatre compères. Après une première partie principalement constituée d'une grosse ligne de basse inquiétante, les guitares tissent une mélodie construite avant que tous les instruments ne soient pris d'une espèce de frénésie, se la jouant western, la rythmique imitant la cadence saccadée des bielles des roues d'une vieille locomotive à vapeur.

Avec "There's The Rub", Wishbone Ash a renoué avec l'inspiration qui avait présidé à la parution d'"Argus" et dont il s'était volontairement, mais peut-être imprudemment, écarté sur "Wishbone Four". Un incontournable pour tout amateur de ce groupe.
- Site officiel

LISTE DES PISTES:
01. Silver Shoes - 06:38
02. Don't Come Back - 05:10
03. Persephone - 06:58
04. Hometown - 04:48
05. Lady Jay - 05:56
06. F.U.B.B. - 09:27

FORMATION:
Albhy Galuten (invité): Claviers (3)
Andy Powell: Chant / Guitares / Mandoline
Laurie Wisefield: Chant / Guitares / Banjo
Martin Turner: Chant / Basse
Nelson Padron (invité): Congas (6)
Steve Upton: Batterie
   
(1) AVIS DES LECTEURS    
SPIRIT OF SUMMER
12/10/2022
115
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4/5
Pas grand chose à jeter dans ce cinquième album. Si l’on n’atteint pas non plus des sommets de lyrisme, les mélodies sont très agréables, à la fois riches et immédiates juste ce qu’il faut pour accrocher rapidement et donner envie d’y revenir après plusieurs écoutes. On sent que les influences blues, très présentes sur le premier essai, commencent à s’estomper fortement, mais si le mélange des genres n’est plus aussi original que sur Argus, les compos, variées et travaillées, donnent toujours dans un rock léché mâtiné de hard et de prog, à l’image de l’élégant ‘Silver Shoes’ introductif. La basse, très chantante, est joliment mise en avant, et les deux guitares livrent des lignes tantôt douces ou médiévalisantes, tantôt féroces, épiques ou bluesy, mais toujours avec beaucoup de feeling.

L’album renferme trois sommets, désormais des classiques du groupe : ‘Persephone’ et ‘Lady Jay’ sont deux magnifiques chansons aux relents folk, dans la lignée des précédentes ballades du groupe, mélodiquement excellentes et aux solos étincelants. ‘Lady Jay’ est plus courte mais plus construite que ‘Persephone’, c’est un titre très riche que je ne me lasse pas d’écouter. Enfin, ‘F*U*B*B’ reprend, à peu de choses près et en instrumental la recette du génial ‘Phœnix’ du premier album, à savoir une structure en crescendo, une démultiplication des thèmes de guitare qui aboutit à un final épique mais d’une façon très spontanée, ouverte à l’improvisation. Sur ce titre comme sur ‘Phœnix’, les instruments semblent plus que jamais possédés par une force mystérieuse les poussant à délivrer le meilleur d’eux-mêmes, la musique la plus juste et pure possible. À mon sens une des plus belles réussites du groupe. Quel dommage cependant, ce collage sonore absurde à la fin du morceau, après quelques secondes de blanc… On ne fait pas ce genre de blagues de potaches dans un titre de cette trempe ! Sur ces trois pièces maîtresses, on notera une légère ouverture de l’instrumentation avec des interventions de mandoline, banjo et congas plutôt réussis. 

Les autres morceaux ne sont pas mauvais non plus, ‘Silver Shoes’ n’est pas la meilleure chanson du groupe mais séduit par sa diversité, son intro cristalline et son solo à la limite du shred. ‘Don’t Come Back’ voit Martin Turner prendre des accents plus rageurs dans son chant, on sent qu’il doit un peu forcer sur sa voix, mais le résultat est plutôt convaincant. Pour finir, ‘Hometown’ est un rock énergique aux relents blues et country, peut-être mon préféré parmi ces morceaux « mineurs ». Le principal défaut du disque est son manque d’homogénéité et de cohérence, normal avec seulement 6 titres qui de plus se ressemblent peu. Pour peu que l’on ne cherche pas à retrouver les sensations d’Argus sur l’intégralité, l’écoute de ce There’s The Rub peut faire passer un très bon moment.

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