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GROUPE/AUTEUR:

MARILLION

(ROYAUME UNI)

TITRE:
SOUNDS THAT CAN'T BE MADE (2012)
LABEL:
RACKET RECORDS
GENRE:
ROCK PROGRESSIF

"Pas de révolution particulière par rapport aux dernières productions de Marillion : les titres présentés sont centrés sur des mélodies recherchées, portées par une voix toujours aussi habitée ."
TONYB - 12.10.2012 - (6) Avis des lecteurs - (0) commentaire(s)
4/5
Lorsqu'après 30 années de carrière, un groupe livre à ses fans et à la vindicte de ses habituels détracteurs son 17è album studio, celui-ci va inévitablement subir le jeu des comparaisons avec l'œuvre antérieure conséquente, au risque de voir ses qualités ou défauts intrinsèques relégués au second plan. Alors évacuons tout de suite le sujet, pour affirmer haut et fort que Sounds That Can't Be Made ressemble effectivement à ses prédécesseurs, et que l'auditeur familier des productions de Marillion y trouvera de nombreuses références à la période Season's End / Brave / Afraid of Sunlight, de grosses réminiscences de Marbles et même le retour des rythmiques à 5 temps si chères à la première incarnation du groupe ! Vous voilà rassuré ? (ou complètement désespéré ?). S'arrêter à ces simples comparaisons serait bien entendu un manque total de respect pour l'œuvre ici présentée, tant les quelques 75 minutes qui remplissent la galette à ras bord méritent que l'on y jette un peu plus qu'une oreille distraite.

Pas de révolution particulière toutefois par rapport aux dernières productions de la bande à Steve Hogarth : les titres présentés ici sont centrés sur des mélodies si ce n'est complexes, du moins pas immédiatement mémorisables, portées par la voix toujours aussi habitée de notre homme. Le son du groupe est particulièrement bien équilibré, même si l'on peut regretter par moment une basse un peu en retrait dans l'espace sonore.

Mais, là où Sounds That Can't Be Made se démarque de ses prédécesseurs, c'est que jamais l'attention de l'auditeur ne s'égare, faute de repère convainquant, comme cela pouvait être le cas notamment sur l'inégal Happiness is the Road. Ce sont tout d'abord les pièces les plus courtes qui, même affublées parfois de couplets légèrement atones (Pour my Love ou à un degré moindre Invisible Ink, tandis que les trois autres sont tout simplement impeccables) se rattrapent très rapidement par la grâce de refrains particulièrement "catchy" et puissants, quand ils ne sont pas prolongés par quelques soli de guitares dont le sieur Rothery possède le secret. Les montées en puissance qui en découlent ne sont d'ailleurs pas sans rappeler un certain King. Et puis, comment passer sous silence le phare central de l'album, Montreal, titre épique qui se magnifie écoute après écoute, et qui trouve son pendant assagi en conclusion de l'album, avec un The Sky Above The Rain tout en nuances.

Enfin, pour ceux qui auraient abandonné la lecture de cette chronique à l'issue du deuxième paragraphe, je proposerais de la reprendre ici même, et de jeter une oreille plus qu'attentive sur l'ovni musical qui ouvre cette galette. Gaza, où comment se mettre dans la peau d'un jeune garçon palestinien vivant dans un "camp de réfugiés", décrivant avec lucidité sa vie quotidienne, et constatant avec amertume que des premiers enfants accueillis dans ces conditions indécentes, il fait désormais partie des petits-enfants, soit trois générations sacrifiées pour cinquante années d'imbroglio diplomatique. Titre au message politique mais sans volonté de prendre parti pour un camp ou un autre, cette longue plage est surtout l'occasion pour Marillion de nous sortir une musique coup de poing qui prend aux tripes : même dans les passages les plus noirs de Brave, jamais le groupe n'avait produit une musique aussi violente ni aussi désespérée que celle délivrée dans sa première partie. L'auditeur se trouve ainsi mis dans l'ambiance de cette véritable zone de guerre, et sera littéralement transporté jusqu'à un final rempli d'interrogations, et dont le thème prenant ne pourra laisser personne insensible.

Comme il en est désormais coutume, et les débats au sein de la rédaction de Musicwaves le confirment, ce nouvel album de Marillion va susciter moult controverses, essentiellement nourries sur le thème du "c'était mieux avant". Ne pas considérer Sounds That Can't Be Made comme une nouvelle œuvre majeure du groupe au seul titre de la comparaison avec les 16 albums qui l'ont précédée serait une faute d'appréciation évidente. Pour ma part, il a trouvé toute sa place aux côtés des plus prestigieuses références de cette longue discographie.

Plus d'information sur http://www.marillion.com/



GROUPES PROCHES:
GAZPACHO, NO NAME, TOUCHSTONE, SUN DOMINGO, OVERHEAD, MOONGARDEN, FOR ABSENT FRIENDS, LA TULIPE NOIRE, RICOCHER, THE PINEAPPLE THIEF

LISTE DES PISTES:
01. Gaza - 17:30
02. Sounds That Can't Be Made - 7:16
03. Pour My Love - 6:02
04. Power - 6:06
05. Montreal - 14:04
06. Invisible Ink - 5:47
07. Lucky Man - 6:58
08. The Sky Above The Rain - 10:34


FORMATION:
Ian Mosley: Batterie
Mark Kelly: Claviers
Pete Trewavas: Basse
Steve Hogarth: Chant
Steve Rothery: Guitares


TAGS:
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REALMEAN - 21/12/2012 -
0 0
2/5
C'est quand même du Marillion tout craché. Alambiqué, torturé, parfois atone au moment où il ne faudrait pas l'être. Il faut se lever de bonne heure pour décrypter la démarche.
Pour rehausser le tout, on a droit au moins au superbe phrasé de guitare électrique clôturant le titre éponyme, opportunément repris par le final de 'Montréal'. Mais en dépit des éclaircies, ici et là, je n'échangerais ni "Marbles", ni "Happiness is the Road", ni même "Somewhere Else", contre ces 'sons qui ne peuvent être produits' et que Marillion produit quand même.
6,5/10

THEYET - 22/10/2012 -
0 0
5/5
Nouvel album de Marillion très attendu au tournant après un "Happiness" quelque peu décousu à mon goût.
Cet album est plus homogène, et chaque titre bien à sa place. En parlant de place, l'album débute par un gros morceau("Gaza") avec plusieurs mouvements s'enchaînant de manière abrupte : ça commence doucement un peu electro puis le morceau devient rageur, distorsion de guitare ça devient presque heavy, puis vient l'accalmie et à nouveau le titre monte en puissance et là le calme, moment planant vers sans doute l'un des moment les plus poignants qu'ait pu nous offrir Marillion : frissons garantis ! Une vraie osmose se crée entre la voix de H et un solo de Steve R bourré d'émotion. Ce titre symbolise musicalement la situation que peut vivre un enfant de Gaza entre colère, découragement et espoir. Puis s'enchaînent trois morceaux plus accessibles, 'Sounds ...' est un titre pop subtil, 'Pour my Love', une petite ballade délicate, et 'Power' me fait tripper avec sa basse mise en avant. 'Montréal' me fait littéralement décoller vers cette ville, comme si Marillion nous faisait une soirée diapo. musicale. J'adore 'Lucky Man' qui apporte un petit côté bluesy avant le dernier titre tout en douceur sur l'incompréhension s'installant dans un couple.
H chante merveilleusement bien tout au long de l'album, moins plaintif que sur le précédent, Steve R délivre des parties de guitare de toute beauté, quel toucher et quelle sensibilité (mais quel dommage ce son de guitare à la Asylum sur la fin de 'the Sky...' !), les claviers sont bien présents et pas envahissants à mon goût. Le groupe s'est bien lâché sur cet album varié, bourré d'excellents moments auxquels je me raccroche. Un must.

ELVAD - 21/10/2012 -
0 0
2/5
J'aurais tendance à rejoindre l'avis de Corto. (A la différence que je suis fan depuis le début. Ou plutôt j'étais). Non, vraiment j'ai beau faire un effort, je n'arrive pas à accrocher à ce nouvel album. (et c'est le cas depuis "Somewhere Else"). Steve Hogarth en fait un peu trop dans l'émotion, Steve Rothery ne se distingue que sur de trop rares morceaux (écouter "Lucky man"), la batterie de Ian Mosley est reléguée au second plan. Restent les claviers de Mark Kelly, omniprésents. Deux très longues pièces sur ce disque (Gaza plus de 17' et Montréal 14') qui m'ont plus ennuyé qu'impressionné. On redresse l'oreille sur "Power", la chanson peut-être la plus accessible de l'album. Pour le reste, rien de nouveau par rapport aux deux précédents albums.
Dommage, car on sent (mais ce n'est pas une surprise) une cohésion parfaite entre les musiciens, ainsi qu'un potentiel évident. D'où quelques passages ici où là, qui nous rappellent que Marillion est capable du meilleur, et que ce groupe n'est jamais aussi bon que quand il nous fournit un vrai rock progressif. Pour ces trop brefs passages, on fera preuve d'un peu d'indulgence. Un point supplémentaire pour cet album (qui mériterait un "5") pour sa superbe pochette.

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